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| 2 avril 2008 |
L’école au cœur de sa communauté |
| Par Martine Rioux, APP |
Nouveau-Brunswick - Après avoir implanté le concept d’école communautaire entrepreneuriale dans deux écoles de Québec, Rino Lévesque s’est vu confié le mandat de mettre en place le concept dans les écoles acadiennes et francophones du Nouveau-Brunswick. Il nous parle de ce projet d’envergure. |
« Que chaque enfant soit heureux de venir apprendre à l’école », voici la devise qui guide M. Lévesque depuis de nombreuses années. En 2003, il transformait complètement l’école Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Sainte-Foy, qui était ainsi devenue l’école Cœur-Vaillant.
En y implantant un programme Sports-Arts-Culture-Entrepreneurship, jumelé d’un partenariat école-communauté, il avait carrément redonné vie à la petite école de quartier. Tellement qu’une autre école du secteur s’est jointe au projet l’année suivante (l’école Bonne-Entente, devenant l’école Cœur-Vaillant – Campanile).
L’école, telle que la conçoit M. Lévesque, est vivante, stimulante, motivante pour les élèves. Elle est accessible sept jours par semaine et constitue un lieu central de la communauté. De plus, elle comprend une programmation complète d’activités scolaires et parascolaires qui permettent aux jeunes de s’accomplir, de se découvrir, d’avoir le goût d’innover. L’activité physique est également à l’honneur, avec un minimum de 30 minutes par jour.
Au Nouveau-Brunswick
Fort de son expérience au Québec, M. Lévesque a commencé à introduire son concept d’école communautaire entrepreneuriale dans trois écoles du Nouveau-Brunswick : l’école Régionale-de-Saint-André, l’école La Croisée de Robertville et le Centre scolaire communautaire La fontaine de Néguac.
« C’est alors que le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick s’est intéressé au concept et a voulu aller plus loin », indique M. Lévesque, maintenant directeur général de la Division de la Transformation et de l'Innovation stratégique au ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick. Il est, entre autres, responsable de l’implantation du concept d’école communautaire dans les écoles acadiennes et francophones du Nouveau-Brunswick.
Le concept a été lancé officiellement à l’automne 2007, sous l’appellation « École communautaire accréditée du Nouveau-Brunswick ». En plus des trois écoles déjà mentionnées, huit autres écoles ont été accréditées (l’école Champlain de Moncton, l’école Régionale de Baie-Sainte-Anne, l’école Abbey-Landry de Memramcook, l’école Ernest-Lang, St-François de Madawaska, l’école Carrefour Étudiant de Beresford, l’école l’Escale-des-Jeunes, Bas-Caraquet, l’école Blanche-Bourgeois de Cocagne et l’école Polyvalente Louis-Mailloux, Caraquet).
« Après six mois d’implantation, c’est l’unanimité dans les écoles touchées. Les directions sont emballées par le projet et voient déjà des résultats positifs. Je peux dire que tous les districts scolaires francophones sont ralliés derrière le concept », souligne M. Lévesque.
Le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick a même déjà annoncé son intention d’établir 75 écoles communautaires d’ici 2012.
« Nous prévoyons augmenter de cinq à dix écoles par année jusqu’à ce que toutes les écoles francophones aient adopté le concept. Celui-ci pourrait éventuellement être appliqué dans des écoles anglophones », fait remarquer M. Lévesque.
Le ministère de l’Éducation finance l’embauche d’un coordonnateur régional pour chaque district scolaire et d’un agent de développement communautaire dans chaque école sélectionnée, afin d’assurer la mise en place du concept.
École communautaire
Pour devenir une école communautaire, un établissement scolaire doit adopter un programme éducatif orientant « multivolets », basé sur une approche pédagogique et éducative à valeur ajoutée, adapté à la réalité de son milieu.
La culture et le sport font obligatoirement partie des volets choisis. Le volet « orientant » peut être entrepreneurial, environnemental, culturel, international, technologique, etc. À l’école Régionale-de-Saint-André, par exemple, un volet agriculture a été adopté étant donné que l’école est située dans un milieu où l’économie repose sur l’agriculture.
L’école communautaire doit se bâtir un réseau de partenariat afin de créer et d’entretenir un lien fort avec la communauté environnante. Elle doit utiliser les ressources et les expertises disponibles dans sa communauté pour bonifier son programme éducatif, tout en ouvrant ses portes à l'ensemble de la collectivité, à des fins récréatives, culturelles ou communautaires, et ce, en dehors des horaires scolaires.
Au bout du compte, la communauté s’engage dans la réussite scolaire et identitaire des enfants, l’école augmente le nombre de services offerts dans la communauté. La nouvelle dynamique ainsi créée a pour but ultime de « rendre chaque enfant graduellement compétent à s’entreprendre [sic], à entreprendre et à créer l’innovation de façon consciente, responsable et autonome ».
« Le niveau élevé de motivation observé, autant chez les élèves que le personnel des écoles, après l’implantation du concept, est l’élément clé à retenir de tout ça. Avec la motivation, on peut aller très loin », conclut M. Lévesque.
Pour en savoir plus sur la vision de M. Lévesque, consultez le mémoire qu’il a déposé en septembre 2005 dans le cadre
de la consultation Stratégie d'action jeunesse 2005-2008 du gouvernement du Québec.
Par Martine Rioux, APP
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