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| 23 juin 2009 |
L’éducation pour tous à l’Université du Peuple |
| Par Elsa Iskander |
L’Université du Peuple ouvre ses portes! L’université virtuelle, destinée aux étudiants du monde entier, offrira des cours en ligne sans frais de scolarité afin de rendre l’éducation supérieure accessible à tous, y compris les moins bien nantis. L’inscription pour l’automne 2009 a débuté en avril dernier. |
Le fondateur et président de l’« University of the People », Shai Reshef, a présenté son projet inédit le 19 mai dernier lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies.
L’Université du Peuple « vise à combler le fossé qui existe entre, d’un coté, un accès sans précédent à l’Internet, la baisse des coûts des technologies, et de l’autre, la hausse des frais de scolarité dans le monde entier », explique M. Reshef.
En misant sur les possibilités offertes par les technologies, cette organisation sans but lucratif souhaite démocratiser l’éducation, afin que celle-ci soit accessible aux masses et non seulement un privilège de l’élite. Ainsi, tout étudiant peut suivre les cours à distance, moyennant un ordinateur avec connexion Internet.
Un diplôme d’études secondaires, une maîtrise suffisante de l’anglais (soit l’obtention d’un niveau moyen au test TOEFL) et des technologies sont également exigés. Enfin, les candidats doivent débourser les frais d’inscription (15 à 50 $) et d’examen (50 à 100 $). Mais, principal avantage : les cours sont gratuits.
Éducation numérique
L’apprentissage collaboratif en ligne et l’utilisation de ressources pédagogiques numériques libres de droits caractérisent la pédagogie de la nouvelle institution.
« Il s’agit d’appliquer le concept du réseautage social au monde universitaire », déclare M. Reshef au New York Times. « Nous disposons déjà de logiciels éducatifs en code source libre, grâce aux universités qui ont mis leurs cours en ligne, en libre accès. Et nous savons que l’enseignement interactif en ligne marche. »
Pour demeurer rentable et conserver la motivation des étudiants, l’université mise surtout sur « un enseignement de pair à pair entre des étudiants partageant leurs connaissances et leurs expériences », emphase M. Reshef. D’ailleurs, ces échanges entre pairs occupent la plus grande partie du cursus.
Du matériel pédagogique de haute qualité, tels les cours du Massachusetts Institute of Technology (MIT) qui sont libres d’accès, sont aussi mis à la disposition des étudiants.
Des professeurs actifs ou retraités, des étudiants à la maîtrise et des professionnels supervisent les classes virtuelles de 15 à 20 étudiants. Ces derniers participent aux discussions en ligne, remettent leurs devoirs, passent les examens, etc.
Un projet en démarrage
Pour l’instant, deux programmes d’études sont offerts : administration des entreprises ou technologies de l’information. M. Reshef affirme que ces champs d’études offrent le plus de débouchés professionnels et sont enseignés de manière similaire à travers le globe.
Quatre années d’études à temps plein permettent de compléter le programme, sans toutefois mener à l’obtention d’un diplôme reconnu. En effet, l’université n’a pas encore les accréditations nécessaires mais s’engage à les obtenir prochainement. Dès lors, les étudiants pourront décrocher un diplôme universitaire.
L’université a déjà reçu 200 candidatures en provenance de 52 pays. Elle espère accueillir 300 élèves cet automne et une dizaine de milliers d’étudiants d’ici cinq ans.
Un article des Nations Unies signale que 15 000 inscriptions et six millions de dollars sont nécessaires pour maintenir le projet viable. M. Reshef a déjà versé un million de ses poches.
Par Elsa Iskander
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