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| 20 octobre 2009 |
Danah Boyd inaugure le Colloque international sur la Génération C |
| Par Audrey Miller |
Les 20 et 21 octobre 2009 se tient à Québec le Colloque international sur la Génération C, telle que définie par le CEFRIO, en présence de plus de 500 participants. Le coup d’envoi a certainement été donné par une vibrante conférence de la « prêtresse des réseaux sociaux », la chercheuse Danah Boyd. |
L’Infobourg poursuit sa couverture du Colloque international sur la Génération C en direct du Centre des congrès de Québec. Cette génération qui clique, créée, communique et coopère (d’où son nom « C ») rassemble les dirigeants de demain et constituera à court terme un véritable moteur de transformation des organisations.
La conférence principale en cette première matinée a permis d’entendre « la prêtresse des réseaux sociaux », Mme Danah Boyd, reconnue à l’échelle internationale pour ses travaux portant sur la culture des jeunes, les rapports entre la technologie et la société, ainsi que les réseaux sociaux comme Facebook, qui a tenté d’examiner en profondeur comment les technologies de l’information (TI) ont changé la manière dont les jeunes travaillent, achètent, étudient et s’impliquent socialement. Pour conduire ses recherches, elle tente de vivre la vie des jeunes qu’elle étudie.
Selon elle, la raison pour laquelle les gens utilisent les réseaux sociaux n’est pas pour se faire de nouveaux amis, mais plutôt pour interagir avec ceux qu’ils connaissent.
De plus, ils constituent la façon moderne de montrer qui est le plus proche de qui (par exemple, ne pas être l’ami de quelqu’un de l’école sur Facebook sous-entend quelque chose de social).
Il y a plusieurs années, on mesurait sa popularité selon le nombre de personne qu’on invitait à notre anniversaire. Aujourd’hui, c’est le « Top 8 » sur MySpace qui importe. D’après Mme Boyd, c’est une façon de d’entretenir l’amitié « social grooming ».
Par exemple, la mise à jour des statuts sur Facebook ne sert pas tant à savoir ce que l’autre fait à cet instant précis, mais plutôt à se figurer son pattern de vie. Prenant l’exemple de Twitter, elle souligne que l’utilisation que les adultes en font est fondamentalement différente de celle des jeunes.
Par exemple, Shaquil O’Neal va utiliser sa page Tweeter pour donner des billets pour ses matchs. À l’opposé, la page de Miley Cirus (starlette de l’émission Hannah Montana) ressemble plus à l’univers des jeunes de la Génération C et entretient plutôt la relation qu’une transmission d’information.
La notion de vie privée change avec les générations. Alors que les parents martèlent à leurs enfants de ne pas parler aux inconnus pour éviter les mauvaises rencontres en ligne et des risquent de l’usurpation d’identité, les jeunes cherchent plutôt à bâtir leur jardin secret.
« Il y a des choses qu’ils veulent éviter que leurs parents sachent, mais qu’ils espèrent que d’autres personnes liront. C’est pour cela qu’ils se construisent un petit univers en ligne », explique la chercheuse.
« Comment traduire tout cela dans la salle de classe? L’un des défis est de comprendre l’importance de l’apprentissage social. Prenons l’exemple du milieu de travail : on travaille en parlant avec nos collègues, en interagissant avec eux. On prend pour acquis que ces aptitudes sociales vont de soi dans le monde des adultes. Mais comment les intégrer dans l’espace de la classe dans le contexte des jeunes d’aujourd’hui? »
« Il faut s’éloigner de l’apprentissage traditionnel et apporter une dimension sociale à l’apprentissage », et cette dimension passe certainement par l’intégration de technologies qui font que ce tissu social chez les jeunes est tissé aussi serré.
Danah Boyd considère qu’un site Web comme Wikipedia, pourtant démonisé dans les écoles, est l’une des sources de recherche les plus puissantes par son caractère collaboratif. On peut trouver les biais et les contreparties, on peut corriger en direct les irrégularités.
À la fin de la conférence, pendant la période de questions, une participante a demandé à Mme Boyd pourquoi l’école est-elle si déconnectée de cette réalité qu’elle venait de présenter?
Sa réponse est catégorique : les façons traditionnelles d’enseigner ne sont plus pertinentes aujourd’hui. Une piste de solution selon elle pourrait venir des organisations qui engageraient engager un dialogue avec les écoles afin de leur dire directement « voici les compétences dont nous aurons besoin ».
« On n’évalue présentement pas les mêmes compétences à l’école que dans les organisations. L’école devra donc effectivement s’adapter le plus rapidement possible. »
Comme ce sera le cas tout au long du congrès, les participants étaient invités à envoyer des Tweet qui étaient affichés sur un grand écran dans la salle de conférence. Parmi les participants, on notait certaines interventions de jeunes de la Génération C qui se sentaient mal représentés, caricaturés, par tout ce qui était présenté.
Est-ce donc qu’en étant « dans le bain », on ne se rend pas compte de l’influence que cet environnement « connecté » a sur notre vie quotidienne? Personnellement, je me situe à la jonction des générations Y et C et j’ai apprécié ce portrait éloquent de notre environnement. Reste à voir comment tout cela pourra se traduire dans les milieux scolaires...
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