Anne-Louise Champagne
Le Soleil, Québec
Réduire les déchets est un jeu d'enfant à l'école du Bac. L'établissement primaire de Saint-Lambert - au nom prédestiné - n'a pas attendu de consultation, de loi ni de règlement avant de diminuer le nombre de sacs verts qui sortent de la cafétéria, où dînent 200 élèves chaque midi.
La classe de cinquième année de Rosanne Montminy a plutôt pris l'initiative d'installer des bacs pour les différentes matières recyclables, et une poubelle pour recueillir la nourriture à composter, afin d'arriver à vivre deux jours de « Zéro déchet ».
Le concierge Bernard Thibault peut témoigner du résultat. Dans la cafétéria, le nombre de sacs verts a été réduit de 60 %. Dans les classes, la performance était un peu plus difficile à maintenir, ce qui fait que pour l'ensemble de l'école, la quantité de matières qui a pris le chemin de la poubelle a diminué de 40 %.
« "Zéro déchet", c'est d'abord une image forte, qui frappe. C'était mettre la barre haute. Mais l'expérience a prouvé que c'est faisable de réduire les déchets, pas seulement un peu, mais beaucoup », dit le directeur de l'école, Robert Samson.
Le projet ne pouvait réussir sans la coopération des parents dans la fabrication des lunchs.
On leur demandait donc d'utiliser des bouteilles réutilisables pour transporter la boisson du midi, de mettre les dîners dans des boîtes lavables, d'éviter les repas congelés et le suremballage.
Des parents formidables
« On peut mettre le yogourt dans des petits pots qu'on lave le soir à la maison », donne en exemple Leslie-Anne. « Et on peut réutiliser le grand pot de yogourt à la maison quand il est vide », ajoute Stéphanie, en confiant que sa grand-maman le faisait très souvent.
La collaboration des parents a été formidable, dit Mme Montminy. Tout comme celle du service de garde, qui a continué à trier les matières résiduelles, même une fois l'expérience terminée.
Les élèves de cinquième, pour leur part, incitaient les autres à utiliser les boîtes de récupération, et ramassaient les détritus qu'ils trouvaient. Les matières récupérées ont été envoyées au centre de tri, par la collecte sélective, et les restants de table ont servi à lancer la fabrication de compost. Un coin sera spécialement aménagé dans la cour cet été.
Matériel à bricolage
Le fait d'être dans une école primaire a aidé à atteindre le but. Car toutes les matières ne sont pas encore recyclables dans la région. Ainsi, des contenants utilisés par le traiteur de l'école ne peuvent être envoyés au centre de tri. Le carton ciré des populaires « boîtes à boire », ou des berlingots de lait non plus. Qu'à cela ne tienne, les élèves les ont nettoyés et ils seront réutilisés pour le bricolage. « L'école offre des débouchés qu'il n'y a pas ailleurs », souligne Mme Montminy.
Mais une fois que les enfants auront fini d'en faire des petites maisons, le problème demeurera entier.
La professeure n'en restera pas là. Elle a l'intention, avec sa classe, d'écrire à la compagnie Oasis pour lui proposer de changer ses contenant de jus. Elle croit que du plastique recyclable pourrait être plus écologique. « On retrouve du plastique recyclé dans un grand nombre de produits », souligne-t-elle.
Les autres matières qui restaient dans les poubelles étaient surtout des mouchoirs et les résidus des taille-crayon. « Ce n'est pas lourd, mais ça occupe de l'espace », assure Bernard Thibault.
Surtout en période de rhume...
Cet article est tiré du quotidien Le Soleil de Québec du 24 février 2003, page A12 : «Saint-Lambert; Recycler, un jeu d'enfants... d'école ! » de Anne-Louise Champagne. L’infobourg a obtenu l’autorisation de le reproduire.
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