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29 juin 2006

Le Québec - Terre d'excellence en matière de technologies éducatives et ludo-pédagogiques numériques
Audrey Miller, APP

Voici un dossier préparé dans le cadre de l’Université Ludovia sur le multimédia ludo-éducatif et pédagogique, qui se tiendra du 5 au 7 juillet à St-Lizier, Ariège (France). Il présente le portrait général de l’industrie du numérique au Québec, particulièrement dans le secteur de l’éducation. L’infobourg sera d’ailleurs présent à Ludovia cette année.

Berceau des pionnières Softimage et Autodesk Media and Entertainment (Discreet), terre d'accueil des plus grands éditeurs tels qu'Ubisoft et Electronic Arts, le Québec est aujourd'hui un haut lieu du numérique en Amérique du Nord. On dénombre près de 340 entreprises au Québec qui se spécialisent dans toutes les sphères d'activités du multimédia, de la conception de logiciels à l'édition de jeux interactifs. Ensemble, elles ont généré des revenus de 1,2 milliard de dollars en 2003 et procuré de l'emploi à 3 500 personnes.

Selon le magazine Business 2.0, Montréal est devenu un pôle incontournable dans l'industrie des médias numériques interactifs. La métropole s'illustre notamment par le dynamisme de l'industrie des logiciels d'animation et d'effets spéciaux cinématographiques. La société française Ubisoft, qui emploie déjà plus de 1000 personnes à Montréal, a récemment annoncé qu'elle y doublerait son effectif d'ici 2010.

La formation de la main-d’œuvre
Le Québec possède des établissements de formation réputés qui forment plus de 4 000 diplômés chaque année en sciences informatiques et dans diverses disciplines connexes au multimédia. Outre les institutions publiques (collèges et universités), on y trouve des centres de formation privés reconnus mondialement, comme le Centre national d'animation et de design (NAD), l'Institut de création artistique et de techniques en infographie (ICARI) ou l'Institut national de l'image et du son (INIS).

Le soutien gouvernemental
Les entreprises qui produisent des titres multimédias peuvent bénéficier de crédits d'impôts représentant un pourcentage élevé des frais de main-d'œuvre (parfois jusqu’à près de 70 % dans le cas du crédit à la recherche et au développement). Investissement Québec est l’organisme qui gère cet incitatif fiscal pour le compte du gouvernement du Québec.

Des coûts d'exploitation avantageux
Au Québec les coûts d'exploitation sont nettement moins élevés qu'aux États-Unis ou en Europe. Les principaux avantages sont :
  • les salaires moins élevés;
  • un taux de change favorable;
  • des coûts de location d'espace inférieurs aux grands centres américains.
    Selon une étude comparative publiée en 2004 par KPMG, une entreprise de vérification comptable et de service conseil, les coûts d'exploitation annuels d'une entreprise d'élaboration de contenu multimédia sont, en moyenne, 15,3 % plus bas au Québec qu'aux États-Unis.

    L'industrie du multimédia au Québec : une contribution significative à l'économie
    Les données publiées au début de l’année 2006 par l'Observation de la culture et des communications du Québec (OCCQ) permettent de mieux comprendre la réalité de l'industrie. Voici quelques données à signaler :
  • Il s'agit d'une industrie encore « jeune » puisque l'ancienneté moyenne des établissements est de 6 ans.
  • Dans l’industrie, 40 % des établissements ont franchi la barrière critique des 5 ans d'existence et 11 % des entreprises comptent plus de 10 ans d'existence.
  • Elle représente une industrie qui repose majoritairement sur sa main-d'oeuvre : 85 % des professionnels sont des salariés à temps plein.
  • Les plus importantes entreprises de l’industrie, c'est-à-dire celles qui ont des revenus supérieurs à 1 million de dollars canadiens, représentent 18 % des établissements. Ils regroupent près de 75 % des emplois et génèrent 85 % des revenus de l'industrie. Près de 65 % de leurs revenus proviennent des marchés hors Québec.
  • Les établissements de taille moyenne (revenus de 50 000 $ à 1 million $) représentent 50 % des établissements. Ils regroupent 23 % des emplois et génèrent 14 % des revenus de l'industrie. 80 % de leurs revenus proviennent du marché québécois.
    Source : Enquête sur le profil des établissements spécialisés en production multimédia, 2003-2004 – 1er février 2006

    Profil global de l’industrie
    Selon les estimations de l'Observation de la culture et des communications du Québec, il y avait environ 340 établissements spécialisés en production multimédia en 2003-2004 au Québec.
  • Répartition régionale. Les trois quarts de ces établissements (soit environ 250) sont situés dans la région métropolitaine de Montréal. On en trouve une quarantaine dans la ville de Québec et une cinquantaine ailleurs au Québec.
  • Revenus totaux bruts. Les revenus totaux bruts des établissements spécialisés en production multimédia sont estimés à 382,1 millions de dollars en 2003-2004. Environ 60 établissements (soit 18 %) ont des revenus supérieurs à 1 million de dollars.
  • Emploi. En 2003-2004, le nombre total de travailleurs dans l’ensemble des établissements spécialisés en production multimédia est estimé à environ 5 300, dont 85 % sont des salariés à temps plein.

    Près de 60 % des recettes proviennent de l’extérieur du Québec
    En 2003-2004, 58 % des recettes générées par la production multimédia des établissements étudiés proviennent de l’extérieur du Québec, ce qui représente un revenu estimé à 186,6 millions de dollars (dont 95,2 millions provenant des États-Unis, 48,6 millions du marché européen, et 32 millions d’ailleurs au Canada).

    Types de produits : le jeu et le divertissement en tête
    Les produits de jeu et de divertissement génèrent un peu plus du tiers des recettes provenant de la production multimédia des établissements, soit 117 millions de dollars. Les services et communications interactifs constituent un autre créneau important, amassant des recettes de 94,8 millions. Cinq autres types de produits ont été mentionnés lors de l’enquête de l’OCCQ : les produits d’apprentissage en ligne (32,1 millions $), les logiciels (33,6 millions $), les produits documentaires et de référence (29,9 millions $), les produits éducatifs et ludo-éducatifs (10,7 millions $) et les œuvres culturelles (5,3 millions $).

    Toute l’information à propos de l’industrie multimédia au Québec provient des sources suivantes :
    Investissement Québec
    Alliance numériQC
    Observatoire de la culture et des communications du Québec


    De plus en plus tourné vers l’apprentissage en ligne

    Au Québec, le taux de branchement à Internet des écoles est de 99 % au primaire (dont 52,1 % à large bande) et de 96,8 % au secondaire (dont 60,5 % à large bande), selon des chiffres datant de juin 2005, recueillis par la Direction des ressources didactiques du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec. Le ratio du nombre d'élèves par ordinateur est de 5 au primaire et de 6 au secondaire, ce qui permet (en théorie) à chaque élève d’avoir accès à un ordinateur plus de 4 heures par semaine à l’école. De plus, l’étude « Jeunes Canadiens dans un monde branché », terminée en 2005, a révélé qu’Internet l’emporte nettement par rapport à la bibliothèque comme source d’information privilégiée pour les travaux scolaires chez les jeunes du secondaire. En effet, les trois quarts indiquent faire leurs travaux scolaires en utilisant Internet « sur une base quotidienne ou presque ».

    Cette forte connectivité et ce haut taux d’utilisation incitent les commissions scolaires à se doter de portails Web pour leur personnel et leurs élèves. Certains portails scolaires représentent d’ailleurs de véritables environnements numériques de travail (ENT). Conséquemment, les entreprises qui offrent des ressources interactives favorisent de plus en plus le modèle « en ligne », qui s’intègre aux portails, pour répondre aux besoins du milieu. Par exemple, la société De Marque produit depuis 1992 le logiciel Tap’Touche, qui permet aux élèves de centaines d’écoles d’apprendre à taper efficacement au clavier; la version en ligne de l’outil a été lancée en 2000 et compte chaque année de plus en plus d’adeptes de cette formule pratique.

    Parmi les plus importants portails scolaires au Québec, on compte Collaba, le Bureau virtuel de MILLE et le portail Edu-Groupe de la société GRICS.


    Le printemps de l’éducation, plus dynamique que jamais au Québec!
    L’équipe de l’infobourg, le site d’information en éducation au Québec, a passé une partie du printemps à couvrir une foule de congrès et de manifestations visant à mettre de l’avant les nouvelles pratiques pédagogiques, particulièrement celles intégrant les technologies de l’information et de la communication. L’abondance de ces manifestations témoigne bien du dynamisme du milieu de l’éducation, qui est constamment en mouvement. Enseignants, directeurs d’école, conseillers pédagogiques et autres intervenants scolaires cherchent à partager leurs pratiques, leurs connaissances et leurs réussites avec leurs collègues. Chacun apporte quelque chose et repart avec une foule de nouvelles idées et une motivation qui les transportera tout au long de l’année scolaire. Parmi les nombreux événements, on en retient deux qui ont été particulièrement importants, la première Conférence internationale sur l’ePortfolio (événement RIMA 2006) et le 24e colloque de l’AQUOPS.

    Conférence internationale ePortfolio Québec (événement RIMA 2006)
    10 au 12 avril 2006, Ville de Québec
    http://www.eportfolioquebec2006.org
    La définition courte de « ePortfolio » retenue lors d’un congrès à Cambridge, au Royaume-Uni : un environnement personnel d’apprentissage. En plus élaboré, c’est une collection d’informations numériques décrivant et illustrant l’apprentissage ou la carrière d’une personne, son expérience et ses réussites. C’est un espace privé sur lequel le propriétaire a le contrôle complet de qui y a accès, comment et quand. La conférence de Québec, organisée par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, en collaboration avec EIfEL (European Institute for E-Learning) et plusieurs autres partenaires dans le cadre des Rencontres internationales du multimédia d’apprentissage (RIMA) 2006, visait à explorer les façons de mettre l’ePortfolio au service d’une vision humaniste de la construction d’une société et d’une économie de la connaissance. Ateliers, conférences-débats, tables rondes, rencontres informelles sont autant d’activités enrichissantes qui ont permis l’échange d’idées et d’expériences autour de la thématique. Selon Mario Asselin, membre du comité organisateur des RIMA 2006, « l'événement, qui a rassemblé 200 participants (dont plusieurs venant de pays francophones d'Europe et d'Afrique), est une réussite sur toute la ligne. »

    24e colloque annuel de l’Association québécoise des utilisateurs de l’ordinateur au primaire-secondaire (AQUOPS)
    11 au 13 avril 2006, Ville de Québec
    http://www.aquops.qc.ca
    Depuis 1982, le colloque de l’AQUOPS est le lieu de rassemblement multidisciplinaire des pédagogues, chercheurs et concepteurs de langue française du Québec, et même d’ailleurs dans la francophonie, dédié à l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation. Cette année, un choix parmi 118 ateliers, conférences, et laboratoires pratiques sur une foule de sujets a permis aux néophytes comme aux experts de faire des découvertes autant techniques que pédagogiques, et à tous les participants de vivre des échanges significatifs. « Ce colloque est un moyen très efficace pour encourager et soutenir les efforts des enseignants inexpérimentés dans l'utilisation pédagogique des TIC. Il permet de comprendre et d'intégrer progressivement ces nouveaux outils à l'enseignement selon le rythme d'apprentissage de leurs élèves », explique le directeur général de l'AQUOPS, M. Charles Fillion. Cette édition du colloque fut un grand succès, réunissant quelque 1100 participants.


    Portrait de quelques entreprises québécoises
    De Marque
    www.demarque.com
    Fondée en 1990, compte 25 employés
    Siège social à Québec, succursales à Paris, Montréal et Los Angeles.
    De Marque est une société spécialisée en éducation qui développe et met en marché des médias, des contenus et des applications pédagogiques qui favorisent l'acquisition des connaissances et la maîtrise des apprentissages grâce aux technologies de l'information. Elle commercialise des produits sur support cédérom ou sur Internet qui visent à répondre aux besoins des écoles et des familles, mais aussi du grand public et des entreprises. Parmi les produits phares, mentionnons Tap’Touche (logiciel pour apprendre la dactylographie), l’infobourg (site Web d’information en éducation et TICE), Inspiration (logiciel idéateur qui permet de réaliser des cartes conceptuelles et des réseaux de concepts), SCOOP! (contextes pédagogiques sur le Web permettant d’aborder l’actualité en classe avec les jeunes) et Collaba (un Environnement Numérique de Travail – ENT).

    Kutoka
    www.kutoka.com
    Fondée en 1995, compte 25 employés
    Siège social à Montréal.
    À sa fondation, Kutoka a d’abord agi comme développeur pour de grands éditeurs tels que Compaq / Fisher-Price aux États-Unis et Corel Corporation au Canada. Puis, en 1997, la société a développé un concept pour la collection de titres multimédia ludo-éducatifs mettant en vedette la souris Mia et devient son propre éditeur, prenant dès lors l’entière responsabilité de la production, de la distribution et de la commercialisation de ses produits. Les titres de Kutoka sont présents dans 42 pays et offerts dans 14 langues. Ils favorisent notamment le développement des habiletés en lecture, en mathématiques, en science et pour les langues des jeunes enfants.

    ScoLab.com
    www.scolab.com
    Fondée en 2004, compte 3 employés
    Siège social à Montréal.
    ScoLab est une jeune société montréalaise se spécialisant dans le développement de logiciels éducatifs. Son logiciel phare, NetMaths, est une application Web aidant plus de 10 000 élèves à développer le plaisir des mathématiques. L’équipe est fière d’avoir prouvé qu'un site vivant grâce à ses abonnés peut être utile pour ses utilisateurs et profitable pour ses concepteurs. L’entreprise travaille maintenant à réaliser son rêve : l'exportation de NetMaths.

    Beenox
    www.beenox.com
    Fondée en 2000, compte 60 employés
    Siège social à Québec.
    Beenox est un développeur de jeux vidéo bien établit à Québec. Depuis 2005, l'entreprise est également une filiale à part entière du géant américain Activision. L'entreprise comporte deux divisions : Beenox Score, qui créé des jeux vidéo, et Beenox Shift, qui se spécialise dans le transfert de plate-formes. L'entreprise a mené à terme plus de 25 projets, certains basés sur des licences telles que X-Men, Spider-Man et Shrek.

    Sarbakan
    www.sarbakan.com
    Fondée en 1988, compte 65 employés
    Siège social à Québec.
    Sarbakan est une boîte à idées et un studio de production qui se spécialise dans le développement et l’exploitation de contenus animés de calibre mondial. Elle exerce ses activités dans plusieurs médias dont la télé, le Web, la télévision interactive et le cellulaire. Les productions de Sarbakan sont présentes dans une quinzaine de pays et traduites en cinq langues.


    Le Québec, au rythme du fleuve Saint-Laurent
    Près de 7,5 millions de personnes vivent au Québec, vaste péninsule continentale dont la superficie (1,7 million de km2) équivaut à trois fois celle de la France. Le Québec est traversé d’ouest en est par le fleuve Saint-Laurent, l’une des plus grandes voies navigables au monde et le principal axe fluvial du continent nord-américain. Environ 80 % de la population québécoise vit le long de la vallée du Saint-Laurent. C’est là que se trouvent Montréal, la métropole, dont l’agglomération regroupe près de la moitié de la population de la province, et la ville de Québec, capitale nationale, qui, avec sa banlieue, compte environ 700 000 habitants. Le français est la langue officielle du Québec.
    Source : L’Éducation au Québec en bref, Ministère de l’Éducation du Québec, 2005.

    Par Audrey Miller, APP





  • 2 août 2006
    Céline Guilbert, Montréal
    Bonjour,
    Je voudrais ici faire valoir que ce qui m'a le plus aidé à intégrer l'internet pour le bénéfice de mes élèves et de leurs parents, est le site classebranchee.com. Parfois ce sont de petits outils qui contribuent à aider les enseignants.
    Ce site permet de créer une page web pour notre classe à l'aide de menus et ne nécessite aucune formation spécialisée. Sa présentation permet d'y laisser des messages de notre classe comme le plan de travail par exemple. Le site continue d'exister mais il n'y a plus de financement pour l'aide technique. Je trouve cela très dommage. J'espère que le site continuera encore longtemps et que du financement sera trouvé dans un avenir rapproché.
    Une enseignante utilisatrice enchantée





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