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13 septembre 2006

Les TIC à l’école… dix ans après
par Martine Rioux, APP

Dix ans après la mise en œuvre du Plan d’intervention sur l’utilisation des NTIC à l’école, l’heure est au bilan. La publication Direction informatique s’est justement penchée sur la question dans son numéro de septembre. Qu’en est-il?

Afin de rédiger son bilan intitulé Les TIC à l’école : faut-il s’inquiéter?, le journaliste Alain Beaulieu a consulté différents acteurs du milieu de l’éducation, dont Marie-France Boulay, porte-parole du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), le chercheur François Larose de l’Université de Sherbrooke, Claude Frenette du service local du RÉCIT à l’enseignement privé, ainsi que Louis Desjardins et Mario Morin de l’AQUOPS.

D’après leurs commentaires, l’auteur en vient à la conclusion que le Québec bénéficie « d’une situation qu’on peut qualifier d’enviable ». Par contre, il note qu’il « faut être vigilant pour ne pas perdre cet avantage ». D’ailleurs, son article fait davantage état des risques et des retards quant à l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’enseignement primaire et secondaire qu’aux succès qu’aurait connus celle-ci.

En fait, il n’y a rien de réellement nouveau dans les propos recueillis par monsieur Beaulieu et les conclusions qu’il en tire. Oui, les progrès sont énormes si l’on compare la situation actuelle avec celle de 1996, année où le Plan d’intervention sur l’utilisation des NTIC à l’école a été mis en place par le ministère de l’Éducation de l’époque. Cependant, les acteurs se questionnent : « Un plan qui n’a pas été renouvelé après dix ans, a-t-il encore sa raison d’être? Peut-on encore en être si fier? » Bref, s’il y a désengagement du ministère de l’Éducation par rapport à l’intégration des TIC, y aura-t-il désengagement de la part des enseignants?

D’autant plus que ceux-ci n’ont jamais véritablement reçu le soutien dont ils auraient eu besoin pour intégrer adéquatement les TIC à leur pratique pédagogique. Marie-France Boulay du MELS le reconnaît d’ailleurs dans le texte du journaliste. Certains admettent, par ailleurs, que les enseignants ont bien d’autres chats à fouetter, comme la réforme et la gestion des élèves en difficulté d’apprentissage par exemple.

Quatre points d’analyse
Monsieur Beaulieu revient sur quatre points récurrents dans le dossier des TIC à l’école.

1- Le parc informatique
L’objectif du ministère de l’Éducation était d’obtenir un ratio de dix élèves par ordinateur. Ce dernier est actuellement de six élèves par ordinateur. Néanmoins, certaines personnes consultées rappellent dans l’article que ce ratio ne serait que théorique, puisqu’en pratique, bien des ordinateurs seraient hors d’usage ou devenus désuets au fil des ans. Pour d’autres cependant, l’âge des ordinateurs importe peu.

2- Les logiciels éducatifs
Selon l’auteur, « la diffusion des logiciels (NDLR : qu’ils soient libres ou non) dans le réseau de l’éducation pose problème, dans la mesure où certaines commissions scolaires disposent de didacticiels dont l’existence n’est connue que d’un nombre restreint d’enseignants ».

Pour sa part, François Larose de l’Université de Sherbrooke rappelle que le ministère de l’Éducation a soutenu des firmes qui développaient des didacticiels dans les années 1980, mais que ceux-ci n’ont pu ou ne peuvent pas être mis à jour par manque de budget. À ce sujet, il aurait été intéressant d’obtenir les commentaires de différents producteurs de logiciels éducatifs afin de connaître leur point de vue.

3- Des modèles à suivre
« Si elles étaient diffusées dans le réseau de l’éducation, les expériences heureuses de certains enseignants pourraient en inspirer d’autres et faire boule de neige », écrit monsieur Beaulieu. Il est vrai que certains enseignants hésitent parfois à se lancer dans des projets TIC de peur de rater leur coup. S’ils disposaient de modèles positifs à suivre, ils seraient probablement moins hésitants à tenter des expériences nouvelles. (Clins d’œil de l’infobourg et de Carrefour éducation : un premier pas serait peut-être de nous lire régulièrement!)

C’est le mandat du RÉCIT d’assurer l’intégration pédagogique des TIC, en conformité avec le Programme de formation de l’école québécoise. Par contre, le réseau manque de ressources. Il n’y a qu’une centaine d’animateurs de RÉCIT pour les 80 000 enseignants du Québec, soit un à deux animateurs par commission scolaire publique et deux pour tout le secteur privé.

4- Le soutien technique
« Rares sont les écoles qui ont un technicien sur place et, souvent, l’enseignant doit se rabattre sur le technicien débordé de sa commission scolaire », rappelle le journaliste de Direction informatique. « Idéalement, j’aimerais ça, qu’on puisse transformer le prof d’informatique en une sorte de mini-animateur de RÉCIT pour son école », propose alors Claude Frenette, du service local du RÉCIT à l’enseignement privé.

Réactions
L’article de monsieur Beaulieu n’a pas tardé à faire réagir la petite communauté du RÉCIT. Sur son blogue, Pierre Lachance, du Service national du RÉCIT en mathématique, science et technologie, commente. Il se dit entièrement d’accord avec le fait que les enseignants manquent cruellement de soutien (formation et accompagnement) dans leur intégration des TIC. D’ailleurs, selon lui, il ne suffit pas de leur présenter des exemples pour qu’ils se lancent dans des projets technologiques. Il faut d’abord et avant tout leur offrir de la formation. « Un enseignant qui se fait présenter un exemple a-t-il ce qu'il faut pour l'appliquer en classe? Je ne crois pas. On doit le former pour l'outiller à lire l'exemple et le comprendre », écrit-il.

Par ailleurs, une citation de l’article l’a plus particulièrement touché. Il s’agit de celle-ci : « Bien qu’il y ait des animateurs du RÉCIT très compétents, ils ont des parcours scolaires et des compétences très variées, critique François Larose. Il y en a qui sont des profs de sciences humaines aux trois quarts de leur carrière qu’on a recyclés en animateur du RÉCIT... »

Il répond alors : « A-t-on besoin d'avoir un bac en informatique pour pouvoir aider les profs/élèves à intégrer les TIC dans leur apprentissage? En passant, la force d'un réseau est, entre autres, la diversité de ses membres ». Réponse à laquelle différents animateurs du RÉCIT ont donné leur appui.

Et Gilles Jobin est venu tempérer : « Je crois qu'il ne faut pas prendre la critique de monsieur Larose d'une manière personnelle. En fait, les conseillers pédagogiques, les directeurs d'écoles, les directeurs des services de l’enseignement, etc., ce sont tous des "profs recyclés". S'il faut attendre que l'université nous offre des cours pour se qualifier comme "animateur RÉCIT", on va attendre longtemps, car ils ne sont pas très en avance : après tout, NOUS, on ne fait pas que du PowerPoint! »

Bref, l’intégration des TIC à l’école n’a pas fini de faire jaser. Elle a connu des hauts et des bas depuis une dizaine d’années. Elle représente un défi constant, un travail de tous les jours. D’ailleurs, il ne faudrait pas que le MELS ou les enseignants se mettent à prendre pour acquis que les jeunes développent les compétences liées aux TIC sur leur ordinateur personnel à la maison. Peut-être passent-ils de longues heures devant leur écran, mais le volet éducatif n’y est alors pas. Nous vous proposons de lire le dossier de Direction informatique >en cliquant ici.

Déjà paru sur l’infobourg :
Les effets bénéfiques de l’ordinateur
Le Québec scolaire est-il vraiment branché?
Obstacles à l’intégration des TIC à l’école

Par Martine Rioux, APP





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