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Génération branchée : comment l’aider à se concentrer en classe?


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Un professeur en psychologie a trouvé que les jeunes ont une moyenne d’attention de 3 à 5 minutes pendant leur période d’étude à la maison et que la moindre distraction due aux médias sociaux entraîne des résultats scolaires inférieurs. Comment apprendre la concentration à cette génération ultra-branchée? Une piste : enseigner la métacognition.

Une récente étude du Pew Internet & American Life Project menée auprès de 2462 enseignants a révélé qu’une grande majorité estime que les technologies créent une génération d’élèves facilement distraits, avec une durée d’attention limitée. De plus, les deux tiers des répondants croient que les technologies distraient plus qu’elles n’aident au niveau pédagogique. Fait intéressant, une grande partie des enseignants sondés intervenait auprès de jeunes doués dans le cadre du programme Advanced Placement. Ce ne sont donc pas des élèves moyens, qu’on croirait plus facilement distraits.

Dans un article publié sur le site eSchool News, le professeur de psychologie de l’Université de Californie, Larry Rosen, explique qu’il a voulu vérifier si ces impressions étaient fondées et a mesuré la durée d’attention d’élèves de niveau secondaire jusqu’au niveau universitaire. La méthodologie consistait à observer les élèves pendant 15 minutes à la maison, lors de leur période d’étude. Même en sachant qu’ils étaient observés sur leur façon d’étudier, les jeunes ont obtenu une moyenne de concentration d’à peine 3 à 5 minutes sur leur tâche. Les sources de distraction universelles : la présence d’appareils électroniques dans la chambre (iPod, portable, téléphone intelligent, etc.), les textos et l’accès à Facebook.

M. Rosen a ensuite voulu voir si le fait d’être distrait pendant l’étude influençait la réussite scolaire. Effectivement, les élèves qui performaient le mieux étaient ceux qui arrivaient à se concentrer plus longtemps. Une seule pause pour accéder à Facebook entraînait de moins bonnes notes.

Que se passe-t-il avec ces élèves? La question leur a été directement posée. Ils affirment développer de l’anxiété s’ils ne savent pas si leur statut Facebook a été commenté, si on a répondu à leur texto, si leurs amis ont trouvé de nouvelles vidéos intéressantes sur YouTube, etc. Et, l’anxiété nuit à l’apprentissage.

 

Déterminer le bon moment pour être distrait

Que faire alors? Selon M. Rosen, l’une des voies consiste à enseigner la métacognition, c’est-à-dire comment le cerveau fonctionne. Par exemple, il détaille une expérience dans laquelle on a fait écouter une vidéo à un groupe d’étudiants et envoyé des textos à certains d’entre eux. Leur consigne : ils devaient répondre à ces textos. Après, ils passaient un examen à propos de la vidéo. Ceux qui ont le mieux performé sont ceux qui ont répondu aux textos lorsqu’ils jugeaient que les éléments de la vidéo étaient moins susceptibles d’être questionnés. Ils ont donc su déterminer quand c’était le bon moment d’être distrait. Ceux qui ont moins bien réussi sont ceux qui ont répondu immédiatement aux textos.

Une façon concrète d’intervenir dans les classes où les appareils mobiles sont permis : instaurer les « pauses techno ». Elles consistent à autoriser, pendant 1 minute, la consultation des médias sociaux par les jeunes. Ensuite, ils déposent leur appareil sur le bureau, écran vers le sol, et travaillent pendant 15 minutes, après quoi ils ont droit à une autre minute « branchée ». Cela permet de diminuer leur anxiété car ils savent qu’ils pourront retourner voir leurs messages dans quelques minutes. Et, graduellement, on allonge les 15 minutes… Il semble cependant que le maximum possible à atteindre soit de 30 minutes!

Pour les détails, consultez l’article « Driven to distraction: How to help wired students learn to focus ».

À propos de l'auteur

Audrey est rédactrice en chef d'Infobourg.com et directrice de L'École branchée. Elle s'implique bénévolement dans l'organisation d'EdCamp Québec et du REFER, ainsi qu'au sein du conseil d'administration de l'AQUOPS. En dehors de cela, elle est consultante en communication et formatrice en technologie éducative.

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